Sorti le jour de la Saint-Valentin, le quatorze février de cette mémorable année 2020, Dreams vient de fêter son premier anniversaire. Un an de développements divers, de “features” mineures et majeures, d’événements communautaires, de créations débridées. Une année somme toute riche, au vu du contexte, le studio britannique restant fermé pour cause sanitaire. Succès critique, véritable tour de force technologique, Dreams n’a cependant pas encore répondu à toutes les questions et reste trop confidentiel au goût de sa solide communauté. Mais le bébé se porte bien et se développe constamment. L’occasion de faire un retour sur une année de croissance.

Le Rêve d’Art

Dreams : le mode scénarisé Rêve d'Art et les autres nouveautés de la  version définitive en détail - GAMERGEN.COM
Art, musicien de jazz, héro du Rêve d’Art.

On aurait tendance à l’oublier, mais Media Molecule (Mm) ne fait pas que dans l’élaboration de boites à outils inspirées et offertes au public avide de créativité. Mm est un studio qui fait des jeux, et Le Rêve d’Art fut un rappel de ce savoir-faire, brillant dans sa forme et étonnamment mature sur le fond, à travers le voyage initiatique d’un musicien de jazz (Art) en proie aux affres de la création. S’il étale les potentialités de Dreams, Le Rêve d’Art ne se limite pas à une démo technique : c’est un jeu à part entière. Court ? Certes, mais intense. Une expérience qui donne forcément envie de voir Mm nous proposer d’autres perles.

Des assets dans l’assiette

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Création de Nephrendil

Véritable pierre angulaire du vaste menu Dreams, les éléments remixables offerts par la communauté permettent de trouver ici un arbre, là un rocher, de quoi habiller les scènes de façon simple et accessible. Mm ne pouvait laisser ce secteur entièrement dans les mains des seuls utilisateurs. Des kits de création sont donc sortis : Jardin et Welcome Home Kit pour les plus simples, mais surtout les magnifiques Ancient Time et Ancient Temple réalisés par Maja, une des pattes graphique du studio.

Une capture d'écran prise dans Dreams. 32 sur 48.
Ancient Time, un kit idéal pour débuter avec style.

Impys, Dreamscon et Halloween

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Halloween Community Jam, visite de manoirs cauchemardesques
et exposition de citrouilles dans le cimetière.

Avec les Impys ce sont déjà deux cérémonies, en mode remise de prix, qui récompensent et consacrent des secteurs spécifiques abordés dans Dreams. Tapis rouge de rigueur, costume des grands soirs, Mm met les petits plats dans les grands pour cet événement festif. Plus que les lauréats, on en retiendra surtout la qualité des créations offertes par tous les nommés, et, au delà, les progrès spectaculaires de tout le “Dreamverse”.
Deux autres grands moments communautaires sont venu ponctuer cette première année. La Dreamscon a permis aux créateurs d’avoir des stands virtuels, chaque joueur pouvant voir carte de visite et productions à venir des exposants.
Puis “l’event” Halloween, proposant d’explorer un immense parcours modulaire via autant de pièces délicieusement horrifiques créés par la communauté. Occasion de se pâmer devant les visuels somptueux de Mm pour héberger l’événement et d’explorer le cimetière transformé en musée de citrouilles grimaçantes.
Ces deux manifestations ont éclairé un paradoxe de Dreams. S’il peine a percer auprès du grand public et qu’il mérite assurément une audience plus large, ces deux événements furent des succès, la communauté répondant de façon massive pour fournir du contenu. Ce qui démontre, malgré toutes les questions légitimes autour du développement de la marque Dreams, une vitalité solide et bien ancrée. De quoi inciter Mm a poursuivre sur cette voie.

Ergonomie jacta es ?

Il n’est pas toujours facile de naviguer dans l’Espace Onirique.

Mm semble toujours chercher la formule idéale afin d’offrir un espace de partage cohérent et praticable qui mette en valeur les nouveautés et meilleures créations dans une navigation aisée et confortable. Si l’organisation de l’interface de l’Espace Onirique a évolué dans le bon sens au fil de l’année, il n’en reste pas moins que l’équation reste difficile à résoudre pour mettre en valeur la pluralité du contenu. “Work in progress” donc, mais Mm apporte régulièrement des ajustements bienvenus.

La VR est dans le fruit

Battez tambours, résonnez trompettes, la VR a débarqué dans Dreams en fanfare cette année. Plus qu’une feature lambda, la VR permet d’explorer un tout nouveau champ des possibles dans Dreams, que ce soit en conception ou en jeu. Au vu des premiers retours, la VR proposée par Mm n’est pas une expérience au rabais mais un véritable atout de plus glissé dans sa manche. Peindre avec le casque est ainsi plus aisé, ainsi que sculpter les volumes, c’est un vrai plus pour les artistes. Et en jeu les sensations proposées n’ont pas à rougir face à la concurrence sur ce secteur en croissance. Une véritable réussite.

Introduction de la VR, un nouveau continent pour Dreams.

On socialise ?

Le travail de Mm ne se limite pas là. La bataille du stream se poursuit, et elle a son importance puisqu’elle vient compléter de façon incontournable l’offre Dreams. Que ce soit des streams de John Beech pour les parties axées sur la construction, Into the Wood avec les développeurs pour explorer les entrailles du soft Dreams, ou les Community Creations qui mettent en avant les œuvres du mois, la présence de Mm sur les plateforme externes sont indispensables pour les utilisateurs avides de contenu, de ressources ou de tutoriels.

Toutes les semaines, Mm organise des “live” mettant en avant les créations des joueurs !

Et la Communauté ?

Elle se porte très bien sur le front de la création. Poussant toujours plus loin l’outil Dreams et tous ses aspects, le niveau de qualité moyen a fait un bond clairement visible cet été. On pouvait craindre un effet “démo permanente” de l’offre. Cet aspect existe bel et bien, bien sûr, c’est une part de l’ADN de Dreams que de susciter les expériences, les essais, les tentatives… pour certaines éblouissantes. Mais des jeux plus complets commencent a se succéder de façon régulière. Dreams se développe dans tous les sens, entrainé par des locomotives qui partagent leur science et qui tirent la qualité globale vers le haut. Une vraie source de motivation qui augure le meilleur pour le futur.

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Engagé chez Mm, Martin Nebelong publie quasiment tous les jours ses prouesses sur Dreams ! De quoi inspiré les Dreamers !

Sur le front des joueurs il reste encore du chemin à faire. Et si Dreams n’a pas totalement réussi un pari, c’est bien celui-là. L’audience de joueurs, malgré tout constante, n’est pour l’instant pas à la hauteur des attentes. Un frein pour des créateurs semi-professionnels désireux de se faire connaitre, ou qui veulent simplement partager leurs visions avec le plus grand nombre. Ne bénéficiant pas de couverture médiatique, peu de joueurs PlayStation connaissent l’existence de Dreams, et s’ils en ont entendu parler ils ne cernent pas ce que Dreams a à offrir. Sans doute un des défis à relever dans les prochaines années si Dreams veut devenir un support créatif crédible. L’espoir est toutefois permis, Dreams est un bébé qui ne demande qu’à grandir dans le temps, le plan de dix ans initialement prévu par Mm étant toujours d’actualité

Happy Birthday

Mm a également travaillé sur bien d’autres aspects : La “team Audio” du studio a proposé de nouveau kit d’instruments afin d’étoffer l’offre orchestrale, il y eu également l’ajout d’outils, des correctifs, des nouveaux pantins (etc.). Trop de choses à détailler ici, mais qui, dans leur somme, mettent en lumière le travail constant de Mm dans des conditions, rappelons le, particulièrement difficiles outre Manche pour un studio à taille humaine et fermé depuis plusieurs mois. Nous aimerions bien sûr avoir plus de réponses à nos questions, plus de réactivité sur les quelques ajustements à effectuer, nous voudrions un nouveau rêve, de nouveaux horizons, cerner toujours plus les perspectives. Plus, encore plus. Bien sûr. Mais ce petit coup d’œil rétrospectif donne le vertige. Le travail et l’implication constante du studio, sur tous les fronts, est à souligner et reconnaître.

Les seconds Impy Awards

Dernière cerise sur le gâteau d’anniversaire d’une année bien remplie : Dreams tourne comme un bijou sur PS5. Comment ne pas conclure sur cette heureuse surprise ? Sans version dédiée à la petite dernière de Sony, Dreams est magnifié, les ralentissements éradiqués, le piqué de l’image resplendissant. Cela laisse songeur et optimiste quant à l’arrivée d’une version “next-gen” de Dreams. En attendant nous profitons d’une année riche, à déguster sans aucune modération, avec cette première bougie qui éclaire nos rêves.
Happy Birthday Dreams.